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Comment avoir une bonne hygiène intime ?

Corps

L’hygiène intime est très importante pour se protéger contre les mycoses et les infections urinaires. C’est aussi indispensable pour être confortable au quotidien, en préservant sa flore vaginale. Mais par peur d’échanger sur un sujet parfois tabou, des questions peuvent subsister : comment avoir une bonne hygiène intime ? Quels produits utiliser pour la toilette intime ? Pourquoi utiliser un gel de toilette intime ? Voici toutes les réponses à vos questions.

Hygiène intime

3 bons réflexes à avoir au quotidien

  •     Se laver, ni trop, ni trop peu : pour avoir une bonne hygiène intime, se laver une fois par jour suffit. Vous pouvez pousser jusqu’à deux fois par jour, maximum, en été. Au-delà, vous risquez de déséquilibrer votre flore vaginale, qui vous protège contre les agents pathogènes. Se laver trop souvent est donc contre-productif !
     
  •     Utiliser un gel dédié : notamment pour les femmes à la peau fragile ou sujettes aux irritations. Choisissez un gel d’hygiène intime sans parfum et au pH neutre. Vous pouvez également utiliser un syndet, une solution nettoyante douce et sans savon.
     
  •     Mieux vaut se laver à mains nues qu’avec un gant de toilette : un gant de toilette, utilisé plusieurs fois, peut contenir des germes. Mieux vaut se laver avec la main. Commencez toujours par la partie avant (celle de l’urètre), pour terminer par la partie arrière (celle de l’anus), sans revenir en arrière. Une habitude à inculquer aux petites filles dès leur plus jeune âge.

 

Les mauvaises habitudes à éliminer

Il fut un temps où la « douche vaginale » était très en vogue. Un temps révolu, puisqu’on sait aujourd’hui qu’il ne faut ni laver, ni doucher l’intérieur du vagin. Celui-ci est naturellement protégé par les « bactéries utiles », présentes dans ce qu’on appelle la flore vaginale. Se nettoyer le vagin, c’est détruire cette barrière de défense, au pH acide, qui fait très efficacement obstacle à la multiplication des agents pathogènes.

Une autre mauvaise habitude à arrêter rapidement : l’usage quotidien du protège-slip. Ces derniers ne devraient être réservés qu’aux jours précédant ou suivant les règles. Il est faux de penser qu’en porter tous les jours est plus hygiénique. Bien au contraire ! Ces protections favorisent les irritations cutanées. En cas de fuites urinaires ou de pertes blanches, mieux vaut se tourner vers des culottes menstruelles pour flux léger à moyen. Si vous souffrez de fuites urinaires de manière chronique, une rééducation périnéale peut être envisagée.

Enfin, pensez aussi que les vêtements et sous-vêtements que vous portez influent sur l’hygiène intime. La lingerie et les collants en fibres synthétiques, mais aussi les pantalons moulants, favorisent la persistance de l’humidité et peuvent entraîner une macération. Si vous êtes sujette aux mycoses récidivantes, mieux vaut éviter les vêtements serrés et synthétiques et privilégier les dessous en coton ou en soie. Mais, heureusement, une majorité de femmes peuvent porter ce qui leur plaît !
 

Comment avoir une bonne hygiène intime durant les règles ?

Pendant les règles, quelques bonnes pratiques sont à mettre en place pour avoir une bonne hygiène intime. Tout d’abord, il faut bien penser à changer sa protection hygiénique régulièrement. Une étude menée en 2018* sur les tampons et les coupes menstruelles a permis de démontrer que ces protections n’induisent pas de choc toxique si elles sont changées suffisamment souvent. L’étude en question recommande donc de changer de protection toutes les 6h maximum, voire 8h selon les indications des fabricants. Si vous changez de type de protection hygiénique, prenez le temps de consulter les recommandations du fabricant.

En cas d’inconfort ou de mauvaises odeurs, n’hésitez pas à vous nettoyer à l’aide d’un gel dédié à la toilette intime. Néanmoins, essayez de respecter la limite de deux nettoyages par jour, maximum. Une fois lavée, séchez-vous bien avant de vous rhabiller, pour prévenir les risques de mycoses.

* Projet « Impact du microbiote vaginal sur le développement du choc toxique staphylococcique menstruel », Centre national de référence des staphylocoques, Hospices civils de Lyon, 2018

 

Faut-il se laver plus souvent en été ?

Avec la chaleur, il est tentant de se laver plus souvent. Ici encore, limitez-vous à deux douches quotidiennes au maximum, avec un savon ou un gel douche respectueux du pH physiologique, sans parfum, ni antiseptique. Séchez-vous bien avant de vous rhabiller et pensez à vous hydrater. Privilégiez des pantalons amples et des dessous en coton, moins propices à la transpiration.

Si vous profitez de vacances à la plage, méfiance : sable, sel, eau chlorée font le lit des mycoses et des irritations. Prenez le réflexe de vous rincer à l’eau claire après chaque baignade. Si vous ne disposez pas de douche à proximité, prévoyez un spray d’eau thermale, même si cela ne remplace pas un vrai rinçage.

Si vous êtes sujette aux mycoses récidivantes ou aux vaginoses, pensez aux probiotiques vaginaux. Une cure une ou deux semaines avant les vacances peut vous permettre de partir l’esprit tranquille, sans inconfort !
 

Quels produits utiliser ?

En vacances comme dans la vie de tous les jours, mieux vaut limiter l’usage des lingettes intimes. L’usage régulier des lingettes antiseptiques n’est pas recommandé pour l’hygiène de la vulve (partie externe de l’appareil génital féminin). Les antiseptiques détruisent le film hydrolipidique qui protège les muqueuses. De plus, les parfums peuvent être allergènes. Enfin, ces produits déposent des tensioactifs potentiellement irritants. On réserve donc les lingettes à un usage ponctuel ou de dépannage, car elles sont bien pratiques.

Si vous n’êtes pas particulièrement sensible ou sujettes aux irritations, un savon doux peut parfaitement suffire au quotidien. Autrement, un gel d’hygiène intime au pH neutre et sans parfum, est recommandé. Vous pouvez notamment en trouver des spécifiquement conçus pour lutter et prévenir les démangeaisons ou les irritations.
 

Le saviez-vous ?

Tampon hygiéniqe

11 000
C’est le nombre moyen de tampons hygiéniques
utilisés par une femme tout au long de sa vie (1)

(1) Estimation fondée sur le calcul suivant : 5 tampons par jour, pendant 6 jours par mois, pendant 40 ans.

 

Le conseil de votre pharmacien
Sujette aux cystites ? Des suppléments alimentaires à base de minéraux alcalins (citrates de potassium, zinc, magnésium...) peuvent les prévenir ou vous soulager.
Sophie, Pharmacien à Géligné (Loire Atlantique) 

Pour aller plus loin :
Clean Beauty : Cette appli mobile permet d’analyser instantanément les composants d’un grand nombre de produits cosmétiques, y compris en hygiène intime, en révélant la présence d'ingrédients sujets à controverse*.

* Perturbateurs endocriniens supposés, conservateurs – objets de préoccupations des scientifiques –, agents irritants, allergisants ou comédogènes, nanomatériaux ainsi que 26 substances allergènes listées dans le règlement Cosmétique européen n° 1223/2009 annexe II.

 

Pour aller plus loin, lire aussi:
Hygiène intime : les bons gestes en voyage

 


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